Les soins du gueux au Moyen-Âge

Au Moyen-Âge, les maladies et infections étaient nombreuses. La plus bénigne pouvant même s’avérer mortelle. Cependant, les supers médecins de l’époque étaient particulièrement savants et bien équipés afin de venir à bout de n’importe quelle maladie. Ou pas…

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©astierfamily.tumblr.com

 

« Oh mon preux chevalier, vous qui êtes venu à moi uniquement pour me protéger. Vous songerez néanmoins à vous asperger, car en l’état vous cocotez…  »

Cette fidèle reconstitution soulève un problème récurrent de l’époque : l’hygiène n’est pas au beau fixe. Le tout-à-la-rue, les eaux polluées et autres joyeusetés du genre ne réussissent pas aux citoyens qui ne cessent de contracter de nouvelles infections, bactériennes ou virales. Nous ne nous attarderons pas sur la fameuse peste et la lèpre qui sévissaient ainsi que sur leurs conséquences catastrophiques quant à la démographie du pays…

 

 

Parlons plutôt de la façon dont les prétendus « médecins » s’occupaient de leurs patients. Au terme de cet article, nous pouvons vous assurer que vous serez ravi de vous rendre chez votre médecin et que vous ne rechignerez pas à prendre votre traitement (oui, même s’il vous prescrit des antibiotiques alors que vous n’avez qu’un simple rhume)…

En partant du pire…

Le concept de bactérie étant inconnu de notre bon peuple, la moindre infection pouvait mener à une ablation complète de la zone dont il est question. Un abcès à la jambe et PAF ! Plus de jambe. Rapide, net et efficace (mais ça reste à voir), ce fut la méthode de choix des médecins. Ou plutôt des barbiers, qui se sont peu à peu transformés en chirurgiens fous, les médecins préférant se référer à des soins plus traditionnels. En l’occurence, les saignées, les ventouses et les clystères ! De la médecine douce, qu’ils disaient…

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Des soins classiques au Moyen-Âge – ©ladepeche.fr

Pour rappel, les saignées consistaient à déposer des sangsues sur une veine préalablement ouverte afin d’extraire le sang du patient. Cependant, utilisée à tort et à travers, cette pratique avait l’effet totalement inverse, affaiblissant (voire, achevant) le malade plus qu’autre chose.

Les ventouses quant à elles, étaient employées afin d’extraire le « mal » présent dans le corps. Une méthode qui n’est pas vraiment dangereuse mais qui ne sert surtout à rien.

Enfin, le clystère, ancien nom du lavement, consistait à introduire une longue seringue en étain à l’intérieur du… Popotin. Très longtemps considéré comme le remède ultime, il était prescrit à tort et à travers puisque, au Moyen-Âge, on considérait que libérer son intestin revenait à se libérer de tous ses maux.

Bref, cela reste avant tout un soin dangereux, surtout lorsque l’on regarde les instruments de l’époque, et non stérilisés bien entendu. De même que pour les ventouses, il est également inutile la plupart du temps, d’autant plus lorsqu’il est question d’un mal de tête…

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Quand tu sors de chez le toubib – ©histoire-en-questions.fr

Les premiers remèdes et sirops avaient déjà fait leur apparition. Tantôt efficaces, tantôt complètement inutiles et parfois dangereux, leurs effets dépendaient de l’apothicaire (l’ancêtre spirituel du pharmacien) qui les prépare, ainsi que des ingrédients employés. Au vu de l’hygiène générale présente à l’époque, vous ne serez pas surpris d’apprendre que des excréments, de l’urine, de nombreux insectes et autres petites bestioles très sympathiques étaient utilisés afin de réaliser ces décoctions, de qualité sans nul doute.

Dans le même genre, il était courant d’y ajouter des éléments pour la santé, notamment le pétrole ou le mercure.

Sachant qu’au Moyen-Âge, on est pas des douillets, on cautérise à l’huile ou au fer chaud. Car oui, l’aiguille et le fil, c’est bon pour les bonnes femmes qui font du tricot (prière de ne pas sortir cette phrase de son contexte). À cette époque, pas question de ça, il faut montrer qu’on est un bonhomme !

Par ailleurs, la fonction de dentiste n’existant pas encore, il fallait aller voir l’arracheur de dents ambulant pour se faire retirer ses chicots tout moisis. Une fois encore, pas de stérilisation d’instruments ni d’anesthésie générale. Le mieux que l’on puisse faire pour vous, c’est de vous coller un marron et espérer que le « dentiste » vous déleste au plus vite de ladite dent. Question douceur, on repassera.

Vous l’aurez compris, la plupart des « soins » et prétendus remèdes apportés aux patients étaient sans effet réel dans bien des cas, dangereux voire mortel dans les autres.

On ne peut que faire mieux !

On ne va pas se le cacher, l’ère médiévale c’est pas top question hygiène. Cependant, il faut savoir que certains procédés existaient déjà et sont à l’origine de ce que nous réalisons quotidiennement.

Par exemple, se rendre dans un bain ou une étuve était une pratique hebdomadaire pour les plus pauvres, quotidiennes pour les plus aisés. On pouvait s’y détendre avec les copains, jouer et même manger, mais il était aussi question de se savonner. Longtemps considéré comme un produit de luxe, le savon connaîtra un réel élan de popularité au Moyen-Âge.

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Au fait, les bains sont mixtes… – ©racontemoilhistoire.com

En parallèle se développera la parfumerie. En effet, les premiers parfums seront fabriqués à partir d’épices venus d’Orient. Que ce soit du santal, du musc, de l’ambre ou des senteurs d’origine florale, ses fragrances seront principalement utilisées par les femmes et ce, afin de séduire (ou plutôt de ne pas faire fuir son voisin de table).

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Un noble homme – ©world-caps.com

 

Certains apothicaires mettront au point des dentifrices. Bien souvent à base de plantes, certains utiliseront des matières premières comme le charbon. Ne riez pas, le charbon dispose réellement de nombreuses vertus très intéressantes dont le détartrage, la désinfection ainsi que le blanchiment de vos quenottes. Et vu que l’on apprécie bien manger et bien boire à cette époque, les nobles ont rapidement compris l’intérêt de prendre soin de son hygiène buccale.

 

 

Dans leur bon jour, et plutôt que de faire souffrir leurs patients, certains médecins prescrivaient des régimes prenant souvent la forme de diètes. Ils conseillaient également à leurs patients de consommer certains produits, notamment des fruits frais.

Additionnés à des plantes ou décoctions, ces régimes se révélaient réellement efficaces.

Enfin, des nobles et quelques religieux ont mis au point les premiers hôpitaux. Intitulé Hôtels-Dieu, ils accueillaient avant tout les pèlerins, les orphelins ainsi que les plus démunis afin de les loger et les aider. Peu à peu, ces lieux vont s’ouvrir jusqu’à devenir de véritables hôpitaux où des soins de plus en plus qualitatifs y sont administrés.


Au final, pourquoi cet article ? Et bien, juste pour rappeler que la France au 21ème siècle, c’est pas si mal finalement…

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